Laure Parny - 456 mots - 5 mars 2009
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MONIQUE DELESSARD a échappé hier à la perte de ses mandats de maire (PS) de Pontault-Combault et de vice-présidente du conseil général. Le tribunal correctionnel de Melun rendait son jugement dans l’affaire du faux mariage d’Armelle Reffait avec Jacques Heuclin, maire de Pontault pendant trente ans, la veille de sa mort, le 30 octobre 2007, alors qu’il était intubé et dans le coma dans un hôpital parisien.

Monique Delessard, à l’époque première adjointe de la ville, et Serge Crippa, directeur de cabinet, accusés elle de faux et usage de faux et lui de faux dans un document administratif, ont tous les deux été condamnés à deux mois de prison avec sursis. Une peine qui n’empêche pas l’élue de poursuivre ses activités de maire et conseillère générale, contrairement aux dix-huit mois d’inéligibilité qu’avait requis le procureur de la République. Serge Crippa pourra également conserver son poste à la mairie.

Le tribunal a relaxé Armelle Reffait pour les faits de faux en écriture qui lui étaient reprochés, tout comme le médecin de Jacques Heuclin, accusé d’avoir rédigé un certificat médical sans avoir revu le malade.

En revanche, Gérard Briaud, adjoint au maire et témoin du faux mariage, a été reconnu coupable et condamné à verser 1 500 € d’amende. La secrétaire de Jacques Heuclin, poursuivie pour avoir imité la signature de l’élu, a été condamnée à 800 € d’amende, dont 500 € avec sursis. Sa condamnation ne sera pas inscrite sur son casier, de façon à ce qu’elle poursuive son activité professionnelle.

Les quatre personnes condamnées devront verser 1 € symbolique au titre de dommages et intérêts aux trois filles de Jacques Heuclin, et participer à leurs frais d’avocat.

Hier, à la sortie de l’audience, les prévenus avaient plutôt l’air soulagé. Monique Delessard, en l’absence de son avocat, a préféré ne pas commenter la décision de la justice. Serge Crippa, lui, assure qu’il ne devrait pas faire appel. « Je suis soulagé que le tribunal ait entendu nos arguments et reconnu qu’il s’agit d’une ânerie administrative commise dans la douleur. » Le procureur de la République, en revanche, se laisse le temps de la réflexion. « Mais il y a de fortes probabilités que je fasse appel. Une élue qui a failli ainsi, je n’ai plus confiance en elle. » Des propos qui font écho à ceux de l’opposition municipale de Pontault. « Même si on comprend les circonstances, le maire d’une commune doit montrer qu’il garantit le respect des lois de la république », conclut Monique Hauer, conseillère municipale d’opposition UMP.